La naturisme change. Je sais que certains me trouvent assez
révolutionnaire, quand je parle de plages libres, de centres "clothing
optional" et du déclin des centres plus classiques. Pourtant, je lis le
dernier numéro de
Going Natural/Au Naturel, qui n'est pas exactement un repaire d'exhinitionnistes, et qu'est-ce que j'y lis, au fil des pages?
"
The future of naturism is on public lands. Nudist clubs will
continue to offer opportunities to relax and the ever-embattled beaches
sanctioned for clothing optional use will remain destinations for many
wanting more nature in their naturism But learning how
to be nude in the great outdoors will soon enough prove more valuable than knowing where
to go nude."
(p. 42). L'article parlait du kayak comme moyen de profiter des
parcs nationaux nu, loi des foules, et de comment on vit nu sous la
pluie ou dans d'autres éléments.
L'article se terminait en racontant que nos braves kayakistes ont
rencontré un seul employé du parc durant leur séjour... qui leur a dit
que les feux étaient interdits pour un moment en raison des risques de
feu de forêt. Pas un mot sur leur nudité "
It was a relief to know that the authorities in the area had their priorities straight",
écrivaient-il, avant d'ajouter que "la plupart des gens sur l'eau
comprennent que les baigneurs nus ne posent pas de problème. En fait,
cette idée est plus facilement acceptée par les plaisanciers textiles
que par plusieurs naturistes."
Les naturistes trop frileux, trop conservateurs? Je le pense aussi. Il
ne s'agit pas de traverser le centre-ville à poil, mais de s'approprier
des endroits sauvages où notre mode de vie paraît fort... naturel aux
yeux des non-initiés.
Page 52, ce récit à propos de l'ouverture d'un nouveau centre (au Monténégro, pas au Québec!): "
Our
visitors were a mix of long-time naturists, first-timers, and those who
prefer to stay clothed. From our many years' experience of naturiste
resorts, we find it sad when "strictly nude" rules mean partners and
friends can't stay together because of their different comfort zones.
Our message is clear: you are free to be naked, but don't take
exception to others who chose not to be."
Je sais que l'idée de centres où la nudité n'est pas obligatoire est
très mal perçue sur les forums en France et au Québec en général, mais
le fait est que de plus en plus de nouveaux centres adoptent cette
formule et qu'elle a contribué à un regain d'intérêt pour le naturisme.
En fait, le naturisme est un secteur touristique qui croît actuellement
de 20%
par année aux États-Unis. Les nouveaux adeptes apprécient cette tolérance - les règles rigides les font fuir.
Et si la nouvelle génération veut plus de tolérance, elle veut aussi
plus de nature. Le nouveau centre n'a que des toilettes "compostables",
sans eau, des douches alimentées par une source, un chauffe-eau
solaire, une cuisine collective et une génératrice électrique qui
est coupée pendant la nuit - on s'éclaire à la chandelle. "
The experience is of fewer people and more peace",
concluent les auteurs. On pourrait ajouter que c'est aussi un naturisme
plus respectueux et plus proche de la nature que le modèle où les
véhicules motorisés boivent du courant comme si c'était du petit lait,
produisent des tas de déchets qui vont à l'égout et où l'on regade la
télé le soir au lieu de regarder les étoiles...
En page 59, un lecteur australien (!!!) écrit au magazine: "
I believe that the focus of naturism is shifting from campgrounds and clubs to asserting our right to go naked wherever we wish".
Le numéro précédent du magazine, soulignait-il, rapportait la fermeture
d'un centre - encore un! - mais était rempli d'histoires de gens qui se
promenaient nus en public. Sa conclusion: "No longer is naturisme
confined to camping parks, which are kind of an old fashioned way to
take one's holiday anyhow, or to deluxe resorts with their high prices".
Le même lecteur disait avoir participé à trois vélo nus en Australie.
Les gens, disent-ils, sont surpris, mais finissent souvent par
applaudir. Et puis, ils prennent des tas de photos, même d'hommes nus,
un preuve selon lui qu'ils ne trouvent pas la nudité masculine aussi
répugnante qu'on le dit!
Maintenant après les fleurs, le pot: le fameux sondage sur les
tatouages et les implants. En gros, les Anglo-Canadiens ont massivement
répondu que c'était une question de choix personnel et que la FQN
n'avait pas à se prononcer sur la question. Une opinion très sensée, si
vous voulez mon avis. L'ennui, c'est qu'un grand nombre de Québécois
rejettent ces pratiques et qu'une très forte minorité demandait à la
FQN de les interdire... une voie royale vers la marginalité.
Bon, la FQN n'a rien interdit du tout. Ouf! Mais la question de fond
demeure: la monde change, le naturisme aussi. Les Québécois en ont-ils
vraiment pris note?